Seb écrit, à propos du remboursement anticipé par certaines banques des fonds prêtés par l’État :
Bien sûr, le marché se porte bien. Il se porte tellement bien que les plus grandes banques françaises se lancent dans des ouvertures de capital. Les investisseurs sortent de leurs abris, il y a des liquidités à placer. Il faut dire que les banques françaises ont passé avec succès les stress tests et font montre d’une solidité de fonds propres relativement rassurante.(...)Le rebond des marchés, doublé d’une valorisation très faible de certains établissement rouvrent la période de chasse… Un an seulement après les vastes plans d’aides aux banques, BNP Paribas, le Crédit Mutuel et Société Générale remboursent déjà l’État qui ne s’y retrouvera pas totalement.
Mais l’argument, qui reprend la position du président de l’AMF, n’est guère convaincant.
Sans couper les cheveux en quatre sur la santé des banques françaises et l’efficacité des “stress tests”, il me semble qu’il évacue un vite un point fondamental : si le succès de l’opération peut certes fournir une indication sur l’état des marchés, ce n’est pas le plus important. Quels que soient l’état du marché ou les conditions de réussite de l’opération, le fait qu’une entreprise de l’envergure de BNP Paribas décide de recourir à une augmentation de capital n’est traditionnellement pas perçu comme un signe de bonne santé financière.
S’agissant de la Société générale, c’est la deuxième opération de cette envergure en moins de deux ans. Il faut d’ailleurs relire les commentaires relatifs à la première (datant de fin février 2008) pour se rafraîchir un peu les idées.
En l’espèce, faire une augmentation de capital pour rembourser l'État signifie (à mon sens) au moins deux choses :
1. que le prêt “consenti” par l'État était tellement léonin que du côté des banques, on est prêt à (presque) tout pour en sortir, y compris à diluer l’actionnariat existant ; et surtout
2. que stress tests ou pas, les fonds propres des banques concernées sont encore trop faibles. Si tel n’était pas le cas, pourquoi émettre des actions pour rembourser un crédit ?

Si l'ouverture de capital peut être effectivement un signe de fragilité (qui en doutait encore ? Vu la crise passée ?) la réussite et la confiance des investisseurs marquent au contraire une bonne santé de l'entreprise qui s'est présentée sur le marché pour la levée de fonds.
De plus, si nous prenons l'exemple de la Soc Gen, la deal semble clair, il s'agit de rembourser le prêt de l'Etat en s'endettant et profitant des taux moindres d'une part, mais cela rentre aussi dans le cadre d'une stratégie avec notamment le rachat des 20% de Crédit du nord actuellement détenu par Dexia !
Bonne Journée cher ami