Une licence à 300 dollars pour bloguer ?

C'est ce que la ville de Philadelphie a apparemment demandé à un petit blog local sur l'environnement : le blog générant des revenus publicitaires, a-t-on expliqué à son auteure dans une lettre, cette dernière doit s'acquitter d'une licence destinée aux entreprises.

L'affaire va probablement se régler d'un petit coup de premier amendement.

(via Buzzfeed)
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L'art discret de la contextualisation journalistique

Je suis peut-être un grand naïf, mais la différence de traitement de l'information entre la presse française et les publications étrangères n'a jamais cessé de m'étonner. Même lorsque le sujet de l'article relève du domaine factuel le plus aride, je suis souvent frappé par les efforts de "contextualisation" auxquels se livrent, parfois sans même s'en rendre compte, nos journalistes.

Un exemple, avec un fait objectif comme ligne de départ :

L'INSEE a enregistré une baisse de 1,7% de la production industrielle française en juin 2010.

Sur cette base, déjà, les titres sont différents selon que l'on se situe d'un côté de la Manche ou de l'autre : pour le Figaro, il s'agit de simplement de  "Mauvais chiffres pour la production industrielle en juin" ; le Financial Times, lui, indique beaucoup plus brutalement que "La production industrielle française chute".

D'entrée, le ton est donc donné. Pour les uns, la situation est simplement "mauvaise" ; mais on est en période de crise, alors de quoi s'étonne-t-on ? et puis c'était déjà mauvais avant, alors bon... Pour les autres, il s'agit d'une "chute" ; comprendre, la production n'est pas simplement mauvaise : elle est plus mauvaise qu'avant.

Passons aux articles eux-mêmes. Dès le début, le Figaro nous rappelle justement que ces mauvais résultats interviennent "après une hausse en mai", où les chiffres étaient même "bons", nous dit-on au paragraphe suivant. Le Financial Times, au contraire, enforce immédiatement le clou : en juin, la production française a "plongé", signe d'une "croissance en berne" en comparaison à une "Allemagne résurgente".

Ainsi donc, l'introduction creuse encore le fossé entre les deux perceptions. Côté français, l'information est replacée dans le contexte d'un précédent mois satisfaisant. Côté britannique, c'est le voisin allemand, apparemment en pleine reprise, qui sert de repère.

Même les citations d'expert sont totalement différentes. Chacun pioche où il le préfère. L'économiste cité par le Figaro, employé par une entreprise pharmaceutique, va jusqu'à parler d'une "dynamique conjoncturelle positive". Les chiffres de juin sont mauvais, mais relèvent peut-être de l'incident de parcours, dans un contexte "positif". Celui choisi par le Financial Times, un Français qui officie à la Société générale, parle plutôt de "mauvaise surprise", et s'inquiète de voir la "croissance en berne avant même que les ajustements budgétaires [comprendre, la rigueur] n'aient fait leur effet".

En fin d'article, le Figaro achève de convaincre son lectorat en mentionnant que sur le second trimestre 2010, la production industrielle française a tout de même augmenté de 0,8%. Hélas, la comparaison offerte par le Financial Times dès le troisième paragraphe remet cruellement en cause cette appréciation : au second trimestre 2010, la production française a certes augmenté de 0,8%, mais cette donnée est à comparer avec les 5,4% affichés par l'économie allemande.

Tandis que le Figaro termine sur une dernière bonne note — la hausse de la production manufacturière, signe que tout n'est décidément pas gris dans le ciel français —, le Financial Times rappelle pour sa part l'improbabilité des prévisions de croissance officielles : si Paris devait revoir son estimation à 1,5% plutôt que 2,5%, nous dit-on, il faudrait trouver 10 milliards d'euros supplémentaires pour le budget 2011.

Chacun est bien entendu libre de déterminer quelle perception est la plus fidèle à la réalité, quelle contextualisation est la plus complète et la plus honnête. Il ne s'agit pas ici de distribuer les bons ou mauvais points, ni de révéler quelque secret bien gardé.

Mais l'exemple ci-dessus illustre bien à quel point celui qui se contente d'une seule source — ou d'un seul type de sources — regarde le monde avec des oeillères.
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Le conseil de Kurt Vonnegut aux jeunes auteurs

N'utilisez pas de points-virgule. Ils ne représentent absolument rien. Ce sont des travestis hermaphrodites. Ce n'est qu'un moyen de frimer. De montrer que vous êtes allé à la fac.

(via Kottke)
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WikiLeaks et les médias traditionnels : une relation d'interdépendance

Offert par Mashable en illustration d'un intéressant article sur la place de WikiLeaks dans la "fabrication de l'info", ce diagramme décrypte bien l'interdépendance et les relations entre le nouveau "whistleblower" et les "anciens médias" :

Pour aller plus loin : un papier publié dans la prestigieuse Columbia Journalism Review sur l'histoire de la fuite des "Afghanistan Logs".

 

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La leçon d'économie de Google à la FTC et à la presse

Toi aussi, apprends l'économie d'entreprise avec Google :

Les marges élevées que les journaux ont réalisées dans le passé étaient basées sur une rareté artificielle : un choix limité pour les annonceurs comme pour les lecteurs. Avec Internet, cette rareté a été retirée et remplacée par l'abondance. Aucune proposition politique ne pourra ramener le chiffre d'affaires des journaux à ce qu'il était avant l'émergence de l'information en ligne. Il ne s'agit pas d'opposer des dollars analogiques à des centimes numériques, mais plutôt de comprendre de façon réaliste la façon de gagner de l'argent dans un monde d'abondance de concurrence et de choix pour le consommateur.

La plaquette de cours dans son intégralité a été adressée à la FTC américaine, en réponse aux recommandations de cette dernière en matière de "décisions politiques potentielles de nature à soutenir la réinvention du journalisme".

Conclusion :

Les défis auxquels l'industrie de l'information fait actuellement face sont des problems commerciaux, non pas juridiques, et ne peuvent être traités de façon efficace qu'avec des solutions commerciales. Les propositions de régulation qui remettent en cause le fonctionnement de marchés en bonne santé et empêchent la marche du changement ne sont pas la solution.

Illustration avec le Huffington Post, dont le modèle économique est détaillé par Benoît Raphaël :

Le modèle économique du Huffington Post ? La gratuité et la publicité. Mais une publicité bâtie autour de la mise en scène de l’information. Chaque sujet de conversation devient un média à part entière et organise les contenus autour des communautés qui s’y intéressent. C’est ce qu’ils appellent les Big News Pages.

Alors, le journalisme a-t-il vraiment besoin de recommandations politiques pour se réinventer ?

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Blogueurs, votre style reflète votre personnalité

Collègues blogueurs, attention : votre style trahit votre personnalité !

C'est ce qu'il faut conclure d'une étude menée par le chercheur Tal Yarkoni, selon le blog de la respectable British Psychological Society :

Certains commentateurs ont suggéré qu'Internet permet aux gens de présenter des versions idéalisées d'eux-mêmes au monde. Contrairement à cette idée, Yarkoni a remarqué que le choix de mots des blogueurs était lié de façon régulière à leur type de personnalité, en accord avec les conclusions de recherches passées concernant les médias hors ligne.

Les blogueurs les plus névrotiques utilisent plus de mots associés aux émotions négatives ; les blogueurs extravertis utilisent plus de mots liés aux émotions positives ; ceux ayant obtenu les meilleurs résultats en termes de courtoisie évitent les jurons et utilisent plus de mots en relation avec la communalité ; et les blogueurs scrupuleux mentionnent plus de mots marqués par le souci de réussir.

À méditer…

(via Marginal Revolution)

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Journalisme pirate ?

Ivan Rioufol :

Le journalisme se déconsidère, quand il se convertit sans retenue aux méthodes des pirates de l'internet, qu'il dénonçait jusqu'alors. Ces dérives peuvent consister à lancer impunément sur le réseau, au mieux des images ou des conversations volées, au pire des accusations ad hominem dénuées de preuves. Or ces procédés sont ceux qu'utilise le site Médiapart, dirigé par Edwy Plenel, avec l'approbation tacite d'une large partie de la profession qui croit y voir un travail "de terrain".

La liberté, quel manque d'élégance !

Notez au passage que l'auteur cite précisément et individuellement ses cibles pour dénoncer des attaques prétendument ad hominem, et porte lui-même, plus bas dans son article, de sérieuses accusations de conspiration à leur encontre sans en apporter la moindre preuve.

Remarquez enfin que le texte ne comporte que deux retours à la ligne et que ses phrases sont assez longues, signe qu'il a probablement été rédigé "au fil de la plume".

Un comble, au moment de réclamer des "contre-enquêtes journalistiques".
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Journalistes contre blogueurs, le cercle vicieux

Un lecteur d'Andrew Sullivan lui écrit :

[L]e journalisme est en train de mourir à cause (a) de la concurrence de la blogosphère et (b) de l'inexplicable et chaque jour plus grande lâcheté des médias de masse face au pouvoir établi. Mais peut-être que le (b) est explicable par le (a). Les reporters s'accrochent à leurs relations privilégiées avec les sources parce que c'est tout ce qu'ils ont. C'est ce qui les distingue de ces poltrons d'arrivistes sur Internet. En s'accrochant et en préférant la déférence au véritable reportage, ils deviennent bien sûr inutiles à leur audience. Pire qu'inutiles, en réalité. Cela renforce leurs adversaires, les blogueurs. Et du coup ils s'accrochent encore plus.
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De l'importance de citer ses sources

Jeff Jarvis :

L'éthique journalistique et conversationnelle de provenance que j'ai apprise en particulier sur les blogs est qu'il faut établir des liens vers ses sources...

- Pour que je montre mon travail et que vous puissiez le juger et le comprendre ainsi.
- Pour que le lecteur puisse juger mes sources : "Ne me croyez pas sur parole", dit le lien, "cliquez et voyez pour vous-même".
- Pour que le lecteur puisse creuser plus avant ; la provenance est aussi un service.
- Pour que la source reçoive du crédit.
- Pour que la source puisse trouver de la valeur dans l'audience que je lui envoie, par de la publicité ou des relations ou comme elle le souhaite (si la source est plus intelligente que Rupert Murdoch et comprend qu'il y a de la valeur à ce que les gens cliquent pour venir).
- Pour que nous puissions ainsi soutenir le journalisme original. (C'est l'une des raisons pour lesquelles Google News recherche maintenant des citations pour trouver l'originateur d'une information : pour nous donner une meilleure source et donner à la source un meilleur soutien.)
- Pour que le journaliste prouve qu'il a ajouté un vrai travail de reportage et une vraie valeur plutôt que d'avoir simplement réécrit des communiqués de presse.
- Pour que l'entreprise de médias puisse économiser de l'argent et utiliser des journalistes pour du travail de plus grande valeur (faites ce que vous faites le mieux et faites des liens pour le reste).
- Pour que l'entreprise de médias puisse économiser de l'argent par la collaboration.
- Pour que chacun prenne ses responsabilités. J'aurai plus confiance en ce que je lis si je sais qui le dit ; l'anonymat dévalue la confiance — pour la source qui se cache derrière et pour le journaliste qui choisit cette solution de facilité.
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