
L'ère de l'interdépendance
Nous avons incarné notre rationalité dans nos machines et leur avons délégué nombre de nos choix et de ce fait nous avons créé un monde au-delà de notre propre compréhension. Ce siècle commence avec une note d’incertitude. Nous nous apprêtons à vivre une crise financière causée par la mauvaise conception informatique des risques de notre système bancaire, nous débattons du changement climatique autour de ce que les ordinateurs prédisent des données. Nous avons lié nos destinées, pas seulement entre nous tout autour du monde, mais à nos technologies. Si le thème des Lumières était l’indépendance, notre propre thème est l’interdépendance. Nous sommes maintenant tous reliés, les humains et les machines. Bienvenue à l’aube de l’intrication.
Et si la Russie avait volontairement saboté l'économie américaine ?
Elizabeth Struder rapporte aujourd'hui, sur le blog Finance :
Dans un récit intitulé "On the Brink" ("Sur le bord"), dont des extraits ont été publiés par le Financial Times, M. Paulson affirme quant à lui que lors des jeux Olympiques à Pékin, en août 2008, des âmes "charitables" lui avaient rapporté que Moscou avait voulu mettre en difficulté Fannie Mae et Freddie Mac, deux entreprises vitales pour le marché immobilier des Etats-Unis.
Selon l'ancien secrétaire au Trésor, des responsables russes auraient approché des personnes haut placé en Chine, en leur suggérant de de vendre un volume considérable d'obligations de Fannie Mae et de Freddie Mac afin de forcer les Etats-Unis à réagir pour les renflouer, en les nationalisant.
"Les Chinois avaient refusé de s'associer à cette entreprise de déstabilisation, mais l'histoire était profondément troublante", s'émeut-il.
Un mois plus tard, Lehman Brothers s'effondrait sous la masse de dérivés de crédits toxiques, marquant le coup d'envoi de la crise mondiale. On dirait presque du Tom Clancy.
Évidemment, les Russes nient catégoriquement. Mais que l'hypothèse est séduisante ! La crise provoquée par une opération de sabotage économique international, ça aurait un peu plus de gueule que les explications absconses des économistes auxquelles personne ne comprend rien, à commencer par les gouvernants !
Les Français et la dette publique
Alexandre Delaigue a déniché le texte intégral du sondage Ifop pour la Fondapol sur "La dette publique et les Français" auquel je faisais référence dans un billet publié jeudi.
De l'art de la citation tronquée
Les déficits ne sont pas un problème s'ils sont bien gérés. S'ils sont bien gérés, le retour sur investissement est bien supérieur au coût du capital dépensé. Mais si nous les dépensons avec la guerre en Afghanistan et les plans de sauvetage pour les banques, alors là nous avons un problème.
Déclin industriel ?
Il n'y a pas de scandale à cela. Aucune rente n'est éternelle. Même Microsoft et General Motors l'apprennent à leurs dépens. Les optimistes feront valoir que le grand emprunt de Nicolas Sarkozy ou son volontarisme industriel permettront peut-être à la France de rebondir. Les pessimistes remarqueront que, face à une concurrence de plus en plus féroce, mondialisation oblige, l'équipe France semble décidément avoir bien du mal à renouveler ses élites et à produire les champions industriels de demain.
L'édito du Monde de ce soir, à propos des récents échecs industriels français à l'étranger. Si les optimistes n'ont que le (pas très) grand emprunt à se mettre sous la dent, ils sont plutôt mal barrés.
Et vous, vous êtes plutôt optimiste ou pessimiste ?
La carte mondiale de l'éloignement
Probablement l'une des visualisations les plus fidèles du niveau de développement dans un monde globalisé.
(via The Volokh Conspiracy.)
Pourquoi la taxe Tobin est une (très) mauvaise idée
Voici le problème avec une taxe Tobin. Le risque est créé dans la partie réelle de l'économie : investir dans des projets risqués ; vivre sur des plaines et des zones sismiques ; les changements de facteurs de production, d'actifs, de biens de consommation, etc. Tout ceci est du risque qui trouve son origine dans la partie réelle de l'économie. Une des fonctions principales du système financier est de gérer ce risque. Ceci est réalisé de deux façons : diversification et allocation.
Plus loin :
Les gens qui regardent le système financier, voient la croissance massive du volume des transactions sur les instruments de marchés de capitaux et de risque et en concluent que tout cela n'est que de la spéculation sans limites, tout simplement, n'y comprennent rien. Ils n'ont pas une bonne compréhension ni une bonne intuition de la façon dont le risque est géré dynamiquement dans l'économie. Ils veulent une taxe Tobin pour supprimer la spéculation, sans réaliser qu'ils endommageront l'efficacité d'allocation du système financier.
En clair, c'est le développement des techniques financières de marché qui fait la différence : plus complexe, plus développé, le système financier a bien mieux "absorbé" le risque en 2008 qu'en 1929. En croyant "moraliser le capitalisme", restreindre les velléités spéculatives de ces satanés traders, faire cracher au bassinet les financiers qui ont, croit-on, causé la crise, et au passage remplir les caisses des États, on risque d'arriver à un résultat exactement inverse : augmenter le poids du risque sur l'économie réelle. Terrible régression.
16% de la population mondiale aimerait vivre ailleurs
C'est ce qui ressort d'une étude menée par Gallup entre 2007 et 2009 dans 135 pays.
Quelques observations :
- C'est en Afrique sub-saharienne que l'on a le plus la bougeotte, et en Asie qu'on se sent le mieux chez soi.
- L'Europe se situe trois points au-dessus de la moyenne mondiale, avec 19% d'adultes qui préfèreraient habiter dans un autre pays que le leur (près d'un sur cinq, c'est tout de même beaucoup !).
- Les États-Unis restent la "terre promise" la plus recherchée dans le monde, tandis que la France se classe à une honorable cinquième place.
- L'article publié sur le site de Gallup ne fournit hélas pas de données plus détaillées, pays par pays. On devine de grandes disparités entre, par exemple, l'Amérique du Sud et la voisine du Nord. Ou encore entre les différents pays européens, auxquels la Russie est jointe sur la carte ci-dessus.
Voilà en tout cas de quoi prendre un peu de recul, au cœur du débat national sur notre identité nationale de notre pays national de nous-mêmes.
Les pirates achètent plus de musique que les autres
Ce graphique composé par Ars Technica sur la base d'une étude menée par Ipsos confirme une fois de plus (si c'était nécessaire) ce que ni le gouvernement ni l'industrie du disque ne semblent prêts à comprendre : que les lois du type HADOPI sont plus encore nuisibles aux maisons de disque qu'aux pirates, dont 73% déclarent acheter autant ou plus de musique que le reste de la population.
D'une part parce qu'il confirme que les sources de musique "non-officielles" (en langage bigot : le piratage) participent de la distribution des œuvres musicales, et donc de leur diffusion.
D'autre part parce qu'il rappelle que les "pirates" sont au pire aussi "bons" acheteurs de disques que les autres, voire même de plus gros consommateurs de musique.
Conclusion (toujours bonne à répéter) : de la même manière qu'une politique économique protectionniste nuit en premier lieu à l'économie nationale, cette politique culturelle répressive est une balle dans le pied de l'industrie musicale.



