La haine à l’état brut

On n’est pas aidé. Déjà qu’en ce moment j’ai du mal à écrire, si en plus les machines se liguent contre moi…

Enfin, “les machines” : une machine, mon Mac. J’avais écrit, hier soir, un billet d’environ mille mots sur la tragédie norvégienne (l’attentat de samedi, pas la candidature d’Eva Joly), mais mon MacBook Pro l’a littéralement bouffé. D’ailleurs, quelqu’un de chez Apple doit me rappeler cet après-midi pour essayer de comprendre ensemble ce qui s’est passé.

J’étais content de ce billet — le premier depuis deux semaines. Un mouvement de la main sur mon trackpad a suffi à le détruire à jamais. (Si si. Je pense avoir découvert un bug majeur dans la dernière version de Pages, le traitement de textes d’Apple.)

Mais bon, ce sont des choses qui arrivent. Plutôt que de réécrire ou de reproduire mon texte de mémoire, je vais essayer de le synthétiser.

L’objectif, donc, c’était de réagir à la masse de réactions (réagir à des réactions, grande spécialité du blogueur) cherchant à extraire de l’attentat norvégien toute une foule “d’enseignements” qui ont plus à voir avec les névroses et les agendas de chaque commentateur qu’avec la réalité elle-même.

J’en ai même vu, sur Twitter, se féliciter que l’auteur du massacre soit chrétien et de droite plutôt que laïc et de gauche. (Quelques liens sur Google+.) Les cons, comme disait l’autre, ça ose tout.

Évidemment, la connerie ne suffit jamais à expliquer ce genre de phénomène quasi-surnaturel. Pour franchir aussi allègrement le mur du son, il faut y trouver un intérêt puissant. Comprenez, un intérêt qui va bien au-delà de la classique masturbation intellectuelle consistant à prendre la réalité et à la tordre avec nos petits doigts boudinés jusqu’à ce qu’elle épouse parfaitement les contours de nos propres délires personnels — pardon, de nos convictions intimes.

Pour identifier cet intérêt supérieur, il est nécessaire de réaliser qu’il n’existe pas de façon de mourir plus absurde que dans un attentat terroriste. Mourir dans un attentat, c’est mourir parce que vous avez croisé le chemin d’une personne qui est arrivée à la conclusion que pour faire avancer sa cause, il lui faut faire un maximum de victimes. Au moins celui qui meurt écrasé par un piano en pleine rue peut-il s’en prendre aux lois de la physique ; le soldat tombé au combat, au cynisme des gouvernements ; le grand malade, aux limites de la médecine. Mais la victime du terrorisme — et surtout sa famille endeuillée — n’a rien à quoi se raccrocher, sinon à la haine du tueur ou de ce qu’il représente.

C’est d’ailleurs pour cette raison que le terrorisme ne peut être efficacement combattu qu’en ne décollant jamais de la pure analyse factuelle : mode opératoire du ou des terroriste(s), réseau sous-jacent ou pas, éventuelles failles de sécurité, etc. Il est vital de s’en tenir aux faits.

Toutes les pseudo-analyses sur les liens entre pauvreté, fanatisme et violence passent complètement à côté du sujet parce qu’elles ignorent la nature profonde de l’attentat terroriste. La nouvelle d’un attentat comme celui de samedi nous renvoie à la peur la plus profondément ancrée en chaque être humain : pas seulement la peur de la mort, mais la peur d’une mort soudaine, violente et gratuite. Le terrorisme est l’ivresse de cette peur, de cette mort. Il est la haine à l’état brut.

Un tel constat est si dévastateur que chacun le camoufle comme il peut : les comiques font de l’humour, les géopolitologues d’opérette se couvrent de ridicule (une “leçon”, non mais quelle indécence…), les experts expertisent, les moralistes moralisent, et les gratte-papier grattent (la preuve). Le silence est intolérable, parce qu’il nous renvoie à la seule vérité indiscutable de la situation : qu’une centaine d’êtres humains sont morts pour rien, et que cela pourrait nous arriver demain pour la simple et bonne raison que la vie ne tient qu’à ça.

Cela suffit-il à excuser la bêtise des uns et la récupération des autres ? Bien sûr que non. Mais ça offre un début d’explication. Par les temps qui courent, c’est déjà ça.

 


Coup de fatigue en rase campagne

Résumons.

Chaque semaine, une poignée d’agences dont c’est le métier font appeler par leurs employés quelques milliers de Français, jugés “représentatifs” des 45 millions d’habitants du pays inscrits sur les listes électorales, pour leur demander pour quel(le) candidat(e) ils voteraient si l’élection présidentielle se tenait le jour même ou le lendemain.

Sur la base des ces réponses, livrées peut-être au milieu d’une tâche domestique ou professionnelle de première importance, ou bien en chemin pour aller déjeuner, chaque agence applique sa formule maison, assortie d’une marge d’erreur plus ou moins arbitraire, et livre son verdict chiffré : on appelle cela des intentions de vote.

Ces résultats sont alors communiqués aux principaux médias du pays, qui chargent leurs employés, appelés “journalistes”, de livrer une analyse originale de ces données.

Il s’agit alors, très littéralement, de faire sens : pourquoi le candidat A enregistre-t-il un recul de 0,7% par rapport à l’enquête précédente ? Cela pourrait-il s’expliquer par ses déclarations maladroites de la semaine passée sur tel ou tel sujet ? Ou bien par la réaction de l’opinion à tel ou tel événement international ou à cet affreux fait divers ? — Assurément, lit-on à gauche. — Manipulation ! répond-on à droite. (Ou vice-versa.) — Et si les déclarations en question révélaient un mal plus profond ? — Peut-être le problème est-il d’ordre culturel ? Etc., etc.

L’exercice semble à ce point nous passionner qu’il est reproduit quasiment à l’identique dans la presse écrite, à la radio, à la télévision, et maintenant sur Internet. Bien sûr, les acteurs changent (un peu) au gré des médias. Mais pas le scénario.

L’expérience est répétée chaque semaine jusqu’à la tenue des élections grandeur nature. Pour ceux que la politique intéresse, elle fait office, pendant ces douze à dix-huit mois, de vie intellectuelle. Ceux dont c’est le métier en font, selon leur degré d’aliénation, leur boussole ou leur oracle.

Et quand arrivent les deux dimanches de printemps où les 45 millions d’électeurs sont appelés à exprimer leurs suffrages, chacun s’étonne de la versatilité de l’opinion française, avant de reprendre ses esprits et d’expliquer que les autres avaient décidément eu bien tort de se fier aux sondages.

Encore neuf mois.

 


#DSK : Éloge de la mesure et du sang froid

Hier un pervers polymorphe, demain un président porté en triomphe : nous avons décidément beaucoup de mal à rester mesurés dans l’affaire DSK. Il faut dire, à la décharge des plus émotifs, que les révélations du New York Times résonnent comme un immense coup de théâtre dans une histoire à laquelle il ne manquait plus que ça.

Sans vouloir rajouter plus que de raison à la masse des commentaires, réactions et autres spéculations qui ont déjà commencé à inonder ce qu’il nous reste de d’attention ce vendredi matin, j’aimerais rappeler quelques éléments à garder à l’esprit en l’espèce.

1. Sur le droit d’abord : on peut, sans sombrer dans la spéculation, écrire que les chances de Dominique Strauss-Kahn d’être blanchi dans les prochains jours viennent d’augmenter de façon spectaculaire. Non qu’elles aient été, contrairement à la rumeur, si écrasantes que cela (pour le meilleur ou pour le pire, il est moins évident qu’on ne le pense d’apporter la preuve décisive d’un viol) ; mais il faut bien comprendre, à quelques heures de l’audience d’aujourd’hui, que le rapport de force entre l’accusation et la défense vient de s’inverser. Si les révélations du New York Times se révèlent exactes, le procureur Cyrus Vance, Jr. se dirige vraisemblablement vers un camouflet spectaculaire dans cette affaire.

Soumis à l’élection en 2014, il n’est pas invraisemblable qu’il préfère arrêter les frais et faire preuve de magnanimité plutôt que de risquer sa carrière sur un tel dossier.

2. Sur l’écume ensuite : il est impératif que nous perdions cette habitude, profondément ancrée dans notre culture commune, de considérer systématiquement un suspect comme un accusé et un accusé comme un coupable. Toutes les lois du monde n’y feront rien : c’est à chacun de nous qu’il revient de tirer les leçons de ce qui est en train de se dessiner à New York.

Quand le New York Post en rajoute au kilomètre pour vendre du papier, personne ou presque aux États-Unis — pas même ses lecteurs — n’est dupe de l’excès et de la manipulation. Pourtant, j’ai vu, dès les premiers jours de l’affaire, des personnalités publiques de premier plan, des journalistes et même des patrons de presse reprendre comme un seul homme chacune de ces affabulations comme si elles sortaient directement du bureau du procureur (et quand bien même ?).

J’ai même vu des confrères, avocats français au barreau de New York, affirmer avec autorité, avant l’audience du 6 juin, que tout était joué et que DSK serait forcé de plaider coupable afin d’éviter je ne sais combien de dizaines d’années de prison. Ceux-là ne se sont pas seulement couverts de ridicule : ils se sont montrés indignes de leurs devoirs déontologiques.

Croire en la liberté de la presse, c’est aussi savoir la lire avec un minimum de recul.

3. Sur les élections enfin : les chances de voir Dominique Strauss-Kahn participer aux primaires socialistes restent, à mon sens, extrêmement minces.

D’abord parce que, pour l’instant, rien n’est fait. La suite des circonstances favorables qui permettraient à l’ancien directeur général du FMI de participer finalement aux primaires est si longue que le pari est pour le moins hasardeux : abandon des charges — de toutes les charges — par le procureur, timing impeccable de la justice américaine en plein été, éventuellement suspension des primaires au PS ou prorogation du délai de dépôt des candidatures, réaction des cadres du parti et surtout des électeurs à l’annonce de son retour… Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a loin de la coupe aux lèvres.

Ensuite et quand bien même parce que personne (sauf peut-être ses proches, et encore) ne peut mesurer l’impact de l’épisode actuel sur la personnalité de DSK. Même le plus ambitieux et combatif des hommes serait fondé à préférer, dans sa situation, la paix et le calme au combat politique et au cirque médiatique. Certes, il y a aussi la soif de revanche. Mais tout de même…

Les prochaines heures apporteront bien sûr un certain nombre de réponses. Mais aussi, comme à chaque fois depuis le début de l’affaire, leur lot de nouvelles interrogations et de spéculation. Et si, pour une fois, nous gardions notre sang froid ?

 


Twitter et le journalisme d’hier : la crise de la pertinence #SMCMars

J’ai participé, hier soir à la Bo[a]te, à un débat sur le thème : “Twitter, nouveau Pulitzer ?”. Pour en discuter, le Social Media Club avait invité André Fournon (Nice Matin), Philippe Pujol (La Marseillaise), Pierre Boucaud (Marsactu), et donc votre serviteur.

Pour mon intervention, j’avais prévu de partir de l’interdiction faite aux chaînes par le CSA de citer les réseaux sociaux à l’antenne. Manque de bol, le modérateur (Lionel Fleury, directeur de l’école de journalisme de Marseille) a introduit les débats en expliquant que, cette décision étant à son avis sans importance, il valait mieux tout de suite l’évacuer de la discussion.

J’ai alors repensé à la première personne que j’ai entendue dire qu’il fallait être expert d’un sujet pour pouvoir en parler en public : un de mes anciens profs de droit, au début de son cours sur les médias dans les sociétés contemporaines. J’ai donc entrepris de dire à quatre journalistes (et au public) pourquoi leur métier et leurs employeurs étaient condamnés, à très court terme, à s’adapter ou à mourir. Nous avons passé un excellent moment.

— Lionel Fleury considère la décision du CSA comme sans importance parce que le CSA lui-même est totalement dépassé par l’émergence des médias sociaux. Je lui ai répondu qu’à mon sens, c’est précisément parce que le CSA est dépassé que cette décision est très importante.

Bien sûr, ses effets réels seront très limités : après une période d’obéissance, les radios ont d’ailleurs déjà recommencé à citer Facebook et Twitter à l’antenne. Les télés suivront sans doute. Reste que ce n’est pas dans le réel que cette affaire s’est jouée, mais dans le champ symbolique : qu’une chaîne de télévision ait elle-même demandé au régulateur de restreindre sa liberté éditoriale, ça n’est pas anodin ; que le régulateur ait répondu en cinq lignes, cela pose la question de la nature même de cette décision (acte administratif ou réflexe reptilien ?) ; qu’enfin les autres chaînes s’y conforment malgré l’absurdité du raisonnement et les possibilités de recours, cela éveille des soupçons.

Pas des soupçons de grand complot hertzien contre Facebook et Twitter ; mais des soupçons quant à la prise de conscience ou non des médias de l’ancien monde que rien ne sera plus jamais comme avant. Qu’ils doivent considérer leurs anciens modèles économiques non comme un atout ou une exigence déontologique, mais comme un héritage criblé de dettes.

— Le boulet de la presse écrite, c’est le papier, et surtout les rotatives ; celui de la télévision, c’est le car télé, avec l’équipement et le personnel qu’il faut déplacer pour filmer cinq minutes de direct.

Pierre Boucaud a fait remarquer que c’est un ancien du Monde, Ewdy Plénel, qui avait battu à plusieurs reprises, avec Mediapart, la presse écrite à la course au scoop politique. Son analyse n’est pas inexacte : le montant des investissements nécessaires au lancement d’un journal traditionnel a longtemps entretenu la presse “old school” dans un entre-soi qui ne favorise ni l’excellence, ni l’émulation professionnelle.

Mais le phénomène ne date pas de l’émergence des médias sociaux : l’histoire du progrès humain s’est écrite au rythme des certaines grandes inventions qui ont brisé des rentes souvent plus anciennes et mieux ancrées que celles dont ont joui les métiers de l’information tout au long du XXème siècle. Les moines copistes avaient exercé leur sacerdoce pendant des siècles quand Gutenberg a détruit leur source de revenus, d’expertise et de fierté. Eux aussi ont commencé par considérer l’imprimerie comme un phénomène anecdotique ; eux aussi ont ensuite cherché à défendre un certain savoir faire prétendument indispensable ; puis ils ont disparu.

— Les médias traditionnels ont donc à réinventer leur pertinence : ce qui les rend utiles dans la chaîne de valeur de l’information.

Cette réflexion est certainement différente pour chaque métier menacé par le monde qui vient ; et il n’existe probablement pas, pour chaque métier, une seule “recette miracle” qui éviterait d’un claquement de doigts les plans sociaux aux quotidiens et la diffusion en boucle de “Secret Story” à TF1.

À Philippe Pujol, qui attendait l’arrivée massive des annonceurs papier sur le web pour voir s’équilibrer les bilans comptables de la PQR, j’ai répondu que le seul moyen de ne pas attendre jusqu’à l’extinction était de recentrer les modèles économiques non plus sur les anciens moyens de production (la rotative, l’émetteur hertzien), si massifs qu’ils exigeaient que toute l’activité du médias soit organisée autour d’eux, mais autour de la véritable utilité sociale des métiers d’information : la pertinence.

En matière de flux d’information, de reportage factuel, la pertinence est à rechercher dans le temps réel, c’est-à-dire en dehors des délais archaïques de la presse papier et de l’inertie tragi-comique des chaînes télé (pensez ici à Canal Plus, qui demande à ses journalistes de remplacer les tweets par des textos destinés à être lus à l’antenne). Elle peut aussi s’enrichir de la participation du public au travail de collecte des informations sur le terrain : Twitter n’est pas qu’un outil de diffusion, quel que soit votre nombre de followers.

S’agissant du travail d’analyse, la pertinence des anciens est battue en brèche par deux phénomènes intimement liés : la longue traine, c’est-à-dire la multiplication à l’infini des niches d’intérêt — l’opinion devient le théâtre d’une concurrence sans merci entre journalistes, personnalités publiques, blogueurs et même ménagères de moins de cinquante ans —, et l’économie du lien, qui empêche désormais de mener ses réflexions dans son coin sans non seulement lire ce qui s’écrit ailleurs, mais en plus y faire référence et s’en servir en toute loyauté.

De nombreux autres sujets ont été abordés au cours des deux heures et demie de débat. Je n’ai pas la prétention de les couvrir tous, surtout qu’une vidéo intégrale de l’événement est disponible en ligne.

Nous n’avons en tout cas pas répondu à la question-titre : “Twitter, prochain Pulitzer ?”. Mais était-ce le plus important ?


Pendant ce temps, en Iran…

Vu dans le Guardian :

En Iran, les gardiens de prison donnent des préservatifs aux criminels et les encouragent à violer systématiquement les jeunes activistes de l’opposition enfermés avec eux, selon des récits provenant de l’intérieur du système pénitentiaire du pays. Une série de lettres dramatiques écrites par des prisonniers et des familles d’activistes emprisonnés soutiennent que les autorités facilitent volontairement le viol de masse et l’utilisent comme une forme de punition.

Ça se passe de commentaires.

(via Andrew Sullivan)


À l’école, à quoi servent les devoirs ?

À rien, sauf en maths, selon une étude récente.

Enfin, presque. Robin Hanson commente :

Oui, peut-être que les devoirs aident les enfants à apprendre des choses que leurs tests ne testent pas. Mais il est plus probable que les devoirs servent à habituer les enfants à travailler très dur, en préparation à leurs futurs métiers de l’ère industrielle. Apprendre semble secondaire.

Notez que ce n’est pas une mauvaise chose, à mon sens. Je donne moi-même beaucoup de devoirs à mes étudiants et à chaque semestre, ça ne loupe jamais : il arrive toujours un moment, généralement au deuxième ou au troisième cours, où quelques-uns se plaignent de la masse de travail préparatoire. Je leurs réponds toujours la même chose : que les métiers pour lesquels ils étudient demandent encore plus de travail et de lecture que les 50 ou 100 pages que je leur assigne chaque semaine.

La seule différence, c’est qu’à un patron, on ne peut pas se plaindre d’avoir trop à lire pour la semaine prochaine. Alors autant s’y habituer.


Lancement du Social Media Club marseillais

Un petit mot rapide pour dire à mes lecteurs marseillais que je participerai, lundi à partir de 19 heures à la Bo[a]te, à la première conférence du chapitre marseillais du Social Media Club, sur le thème : “Twitter, le prochain Pulitzer ?”. J’interviendrai en compagnie de :

- André Fournon, journaliste Nice Matin / Var Matin @Andre_Fournon http://buzzpolitique.nicematin.com/

- Philippe Pujol, journaliste La Marseillaise @PhilippePujol http://philippepujol.blogspot.com/

- Nour-Eddine Zidane – Interview vidéo – journaliste France Inter, initiateur au sein des radios francophones publiques du Huis Clos sur le net en février 2010 @NZidane

- Pierre Boucaud, Directeur de publication du pure player Marsactu.fr – Fondateur et ex Directeur général de La Chaîne Marseille @Pboucaud

Je parlerai pour ma part des rapports entre Twitter et la télévision, un sujet sur lequel j’ai récemment co-écrit un article avec Christophe Colinet.

L’entrée coûte 5 euros et vous pouvez vous inscrire sur l’événement Facebook.


Ceci est-il de l’art ?

Thecensoredinternet

L’oeuvre complète : thecensoredinternet.com

(via Today and Tomorrow)


De Paris à New York en 90 minutes

C’est pour 2050.


Renaud Revel à propos d’Anne Sinclair

Renaud Revel va publier en juillet, avec Catherine Rambert, un livre sur Anne Sinclair intitulé Madame DSK. Dans un billet à ce sujet, il écrit :

L’affaire DSK ayant été pour l’heure épuisée, faute d’éléments neufs et en raison d’un certain essouflement du sujet, toute la prose du moment consiste à imaginer les lendemains d’un couple, qui ne résistera pas à la déflagration, lit-on ici et là entre les lignes et pas seulement. Papier après papier, on dessine ainsi à l’envi le profil psychologique d’une femme que personne n’a approché, que personne ne connaît intimement parmi ces journalistes, (votre serviteur y compris), que personne n’a pu a fortiori côtoyer de près dans les périodes les plus chaotiques de sa vie. Et encore moins ces dernières semaines…

Et chacun y va pourtant de ses projections à deux balles, de ses analyses psycho-matrimoniales qui voient les exégètes dresser le portrait au scanner d’une épouse, dont on semble lire dans les arrières-pensées, comme dans du marc de café. Restera t-elle ? Ne l’a t-elle pas déjà quitté ? Tiendra t-elle ? Du journalisme d’investigation à la sauce Nous deux, qui provoque un sentiment de malaise. Comme une tentative d’effraction dans l’intimité d’une femme dont il est vain et assez malvenu d’aller fouiller dans les recoins de ce que pas même ses plus intimes sont en mesure d’apprécier.

C’est exactement au même type de “divagations” (le mot est de Revel) que se sont livrés trop de journalistes et même d’avocats à propos du fond de l’affaire DSK. Il est vrai que la démarche est encore plus écoeurante quand elle franchit les limites de la vie privée.


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