Coup de fatigue en rase campagne
Publié : 10 juillet 2011 Filed under: Non classé 7 Commentaires »Résumons.
Chaque semaine, une poignée d’agences dont c’est le métier font appeler par leurs employés quelques milliers de Français, jugés “représentatifs” des 45 millions d’habitants du pays inscrits sur les listes électorales, pour leur demander pour quel(le) candidat(e) ils voteraient si l’élection présidentielle se tenait le jour même ou le lendemain.
Sur la base des ces réponses, livrées peut-être au milieu d’une tâche domestique ou professionnelle de première importance, ou bien en chemin pour aller déjeuner, chaque agence applique sa formule maison, assortie d’une marge d’erreur plus ou moins arbitraire, et livre son verdict chiffré : on appelle cela des intentions de vote.
Ces résultats sont alors communiqués aux principaux médias du pays, qui chargent leurs employés, appelés “journalistes”, de livrer une analyse originale de ces données.
Il s’agit alors, très littéralement, de faire sens : pourquoi le candidat A enregistre-t-il un recul de 0,7% par rapport à l’enquête précédente ? Cela pourrait-il s’expliquer par ses déclarations maladroites de la semaine passée sur tel ou tel sujet ? Ou bien par la réaction de l’opinion à tel ou tel événement international ou à cet affreux fait divers ? — Assurément, lit-on à gauche. — Manipulation ! répond-on à droite. (Ou vice-versa.) — Et si les déclarations en question révélaient un mal plus profond ? — Peut-être le problème est-il d’ordre culturel ? Etc., etc.
L’exercice semble à ce point nous passionner qu’il est reproduit quasiment à l’identique dans la presse écrite, à la radio, à la télévision, et maintenant sur Internet. Bien sûr, les acteurs changent (un peu) au gré des médias. Mais pas le scénario.
L’expérience est répétée chaque semaine jusqu’à la tenue des élections grandeur nature. Pour ceux que la politique intéresse, elle fait office, pendant ces douze à dix-huit mois, de vie intellectuelle. Ceux dont c’est le métier en font, selon leur degré d’aliénation, leur boussole ou leur oracle.
Et quand arrivent les deux dimanches de printemps où les 45 millions d’électeurs sont appelés à exprimer leurs suffrages, chacun s’étonne de la versatilité de l’opinion française, avant de reprendre ses esprits et d’expliquer que les autres avaient décidément eu bien tort de se fier aux sondages.
Encore neuf mois.
je comprends le coup de blues…
Et surtout comment nous avons pu oublier le 21 avril 2002…Comment peut-on croire qu’un français va s’exprimer publiquement dans un sondage sur le fait qu’il va voter FN…J’ai bien peur que le second tour ai un air de déjà vu d’il y a 10 ans plus tôt…
C’est là qu’il fait vraiment bon vivre outre-mer à l’abri…
Ah ah Otir ;-) Oui et Non, un second tour avec le FN dans un département ultramarin c’est la garantie de faire monter les tensions interraciales..Mais c’est vrai qu’il fait bon vivre en outre-mer :-)
J’ai un peu de mal à comprendre ces pronostics de FN partout comme s’il n’était pas du ressort des militants des autres partis d’être actifs et d’oeuvrer à l’offre d’autre chose que des jugements à l’emporte-pièce sur le comportement des électeurs..
Et si le problème venait de nous, du consomateur de l’info en général ?le grand public appris à choper de l’info du bout du monde sans trop la vérifier, à s’asseoir devant les tv d’info en continue, et a en vouloir toujours plus et plus vite… Il faudrait que les gens acceptent d’attendre. Attendre que les journalistes fassent leur boulot, attendre que les blogueurs commentent, analysent, etc…mais ils ne veulent pas.Alors à quoi bon faire de bon sujets ? les patrons de presse l’ont compris… A quoi bon donner du foie gras, tres cher à produire à des consommateurs qui se gavent de merde et en redemandent ?