Pour qui voter aux régionales en PACA ?

L’Hérétique m’a demandé pour quelle liste je comptais voter à l’occasion des élections régionales du mois prochain. S’il m’a fallu une bonne semaine de réflexion avant de répondre, c’est pour deux raisons principales. (EDIT 16/02/10 : Mathieu aussi m’avait tagué dans cette chaîne, mais je n’ai pas vu passer son billet. Toutes mes excuses !)

Premièrement, indiquer pour qui on vote à une élection par listes, ce n’est pas la même chose que pour la présidentielle, par exemple. Dans ce dernier cas, on se prononce certes pour un programme, mais aussi (surtout ?) pour  — voire contre — une vision, un tempérament, un style : bref, une personnalité.

Par contraste, voter pour une liste revient à voter pour un parti. Et voter pour un parti, quoi qu’on en dise, c’est faire, au moins ponctuellement, acte d’allégeance. J’ai horreur de ça. Attention, comprenons-nous bien : je n’ai pas horreur des partis en soi, au contraire. J’estime leur existence indispensable et leur bon fonctionnement vital à la vie démocratique. Mais dans une élection comme celle qui arrive, les états-majors ont constitué leurs listes parfois dans les conditions que l’on sait, et le scrutin proportionnel fait que passés les premiers noms, l’électeur ne sait pas vraiment qui il désigne pour le représenter. Il fait donc confiance, bon gré, mal gré, à la cuisine du parti de son choix.

Moi, j’aime savoir exactement pour qui je vote. Je fais comme tout le monde : je vote pour une tête de liste. Ben oui. Soyons honnête : liste ou pas, une élection repose toujours sur la capacité d’une tête d’affiche à mobiliser des gens autour d’un projet, d’une image… bref, d’un nom.

Ce qui nous amène à la seconde source de mes difficultés : le choix lui-même. J’habite à Marseille, et je vais donc voter dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Et dans cette région, après élimination des extrémistes de tout bord, qui reste-t-il ?

Le président de région sortant, Michelle Vauzelle (PS), représente à peu près tout ce qui plombe, à mon avis, l’avenir et la ligne politique de la gauche française : non à la constitution européenne, engagement de longue date auprès de l’association altermondialiste ATTAC, et bien sûr cumul des mandats et des privilèges. Pas franchement encourageant.

Côté UMP, le député Thierry Mariani (cumulard également, donc) considère le PACS comme un outil de régularisation des sans-papiers, et s’est fait une spécialité du dépôt d’amendements inconstitutionnels aux projets de loi sur l’immigration. Tests ADN pour le regroupement familial, atteintes au droit d’asile, délit de solidarité… À côté de Mariani, Besson passerait presque pour un modéré.

Pour qui voter alors ? Certainement pas pour Europe écologie : je n’aime ni les mono-maniaques ni les ex-gauchistes peints en vert. Et malgré mon respect pour les prises de position de Nicolas Dupont-Aignan sur les lois HADOPI et LOPPSI, je ne peux me résoudre à voter pour un parti souverainiste.

Reste donc le Modem, ou plutôt ce qu’il en reste. Mais même la tête de liste, l’ex-verte Catherine Levraud, ne donne pas l’impression d’avoir très envie d’y aller.

Je vous pose donc la question : dans ces conditions, vaut-il mieux voter blanc ou par défaut ?

14 Commentaires on “Pour qui voter aux régionales en PACA ?”

  1. Paul dit :

    Pour que le tableau soit complet ajoutons que la gauche gouverne grâce au Front National depuis 12 ans cette région majoritairement à droite. Et que l’UMP cherche à tout prix à récupérer les voix Le Pen, d’où le choix Mariani.La réforme des élections territoriales va au moins changer cette situation moisie.

  2. Paul dit :

    Et pour que le tableau soit vraiment très complet, ajoutons que le soir du deuxième tour, on sera devant la télé voire au stade pour OM – Lyon, bien plus passionnant ;-)

  3. AntoninCohen dit :

    Je ne me suis pas encore renseigné comme il fallait pour faire un choix. A vrai dire en lisant le début de ton billet je me suis dit : chouette ça va peut être simplifier mon futur choix que de lire ton avis. Bien au contraire ;) Effectivement ça risque d’être dur de se décider…

  4. Mathieu L. dit :

    Damned, je t’avais tagué en premier là-dessus. Tu faiblis, camarade !

  5. l'hérétique dit :

    Ben c’est tout vu : entre le vote blanc et l’abstention, il reste le vote orange :-D

  6. falconhill dit :

    Tiens ? J’ai lu ce billet hier, sur l’appli IPhone de Rubin :)))Mais sinon oui avec Paul : la gauche gouverne grace au FN. Interressant pour eux quand le FN est hautSinon, ce n’est pas qu’on est opposé à l’Europe telle qu’elle se construit qu’on est souverainiste. Raccourci rapide, et pas forcément juste.Bon courage dans ton choix

  7. Rubin Sfadj dit :

    @Paul : Assez d’accord avec ton analyse. Ce sont les (gros) inconvénients de la proportionnelle, en plus du système des listes.@Antonin : Désolé d’avoir contribué à la confusion ;-)@Mathieu : Quelle erreur ! Je répare tout de suite !@l’Hérétique : Si le vote orange se situe effectivement entre le vote blanc et l’abstention, qu’en conclure quant aux valeurs que représente le Modem ? (Je sais, je te pousse un peu, mais c’est trop tentant ;-)@Falconhill : Pour mettre un bémol à la réflexion de Paul, je dirais que dans cette région tout le monde doit et devra sinon gouverner, au moins compter avec le FN. La proportionnelle, toujours…Sur ton second point : effectivement, on peut être contre l’Europe en construction sans être souverainiste. Mais d’une part ce n’est pas mon cas (je suis pour cette construction européenne, même si elle n’est pas parfaite, loin s’en faut), et d’autre part il me semble bien que DRL puisse être qualifié de “souverainiste” sur la base des prises de position de Dupont-Aignan. Mais ça se discute, évidemment. Et souverainiste n’est pas un gros mot.

  8. falconhill dit :

    Non, souverainiste n’est pas un gros mot. Ce n’est pas vraiment ma position. J’aurais considéré Dupont Aignan comme gaulliste. Bien que je ne suis pas sur que sa récente tirade anti-euros soit très pertinente.Mais oui, il y a parfois des vases communiquant qui me dérangent dans cette sphère politique. Et je sais que le rapprochement Villiers – UMP a déçu beaucoup de gens de son bord, qui sont peut être allé dans les sphères DLR.Je crois que si je ne suis à nulle part perso, c’est peut être aussi parce que je partage ton sentiment de n’être pas bien nulle part.

  9. Rubin Sfadj dit :

    Sans vouloir tomber dans le cliché un peu trop épais, je ne suis pas certain que le gaullisme ait survécu, comme corpus idéologique, au général de Gaulle. Si je me trompe, quels sont aujourd’hui les contours d’une telle doctrine ? Qui en sont les représentants ?Sur les “vases communicants”, on a tendance, c’est naturel, à voir des rapprochement idéologiques ou intellectuels là il n’y a parfois que des luttes d’ambition. À l’évidence, la proportionnelle et l’éclatement des partis n’y sont pas pour rien…

  10. falconhill dit :

    De la même manière que le socialisme n’existe plus depuis belle lurette, il en est de même pour le gaullisme historique. Après, chacun a des sensibilités plus ou moins marqués.Des représentants, je n’en vois pas pour ma part.Sinon oui pour le deuxième commentaire, je suis d’accord avec toi

  11. Paul dit :

    Pour moi le Gaullisme (tout comme le bonapartisme) n’existe pas vraiment. De Gaulle n’a pas de théorie, il était simplement au service de son pays, il faisait ce qu’il lui semblait être le meilleur pour son peuple, à un moment précis, dans des conditions qui étaient ce qu’elles étaient. Un pur pragmatique, mais d’une honnêteté irréprochable, et c’est ce qui faut pour gouverner. Et c’est pour ça que beaucoup de Français l’aiment tant.Être gaulliste aujourd’hui, c’est perpétuer une certaine conception de la politique à des lieues au-dessus de la porcherie actuelle.

  12. Rubin Sfadj dit :

    Comme Paul le fait remarquer, la différence entre gaullisme et socialisme, c’est que le premier a été la doctrine d’un homme avant d’être un système de pensée.Mais ton argument, Faucon, tient tout de même : effectivement, il y a un gouffre entre les idéologies telles qu’elles étaient à leur origine (ou du moins à leur âge d’or) et la politique réellement menée par ceux qui se réclament d’elles.Mais est-ce réellement un mal en soi ?

  13. falconhill dit :

    Paul ;: oui, je partage ton avis. C’est plus (de mon point de vue) une philosophie qu’une réelle idéologie, où tout est un peu mélangé. Souverainisme, libéralisme, étatisme, etc…Rubin, non c’est loin d’être mal. Le pragmatisme, c’est aussi savoir adapter une philosophie à son époque, et ne pas toujours avoir un dogme bête et intagible en tête.

  14. Liior dit :

    @Paul : Je ne suis pas d’accord avec votre analyse du Gaullisme :)D’après ma très faible expérience, je sais déjà une chose : Il aimait une France indépendante, était contre l’europe fédérale/intégrée (choisissez le terme que vous préférez), pour une indépendance sans faille de la France et de sa diplomatie (sortie de l’OTAN, ménage des bases américaines en sol Français, politique de la chaise vide et compromis de Luxembourg).Il était farouchement contre l’entrée du Royaume Uni dans la CEE qui favoriserait la main mise américaine sur le précaire ensemble.Et enfin, on peut aisément dire que De Gaulle était beaucoup plus à gauche que les socialistes d’aujourd’hui, pour un état très présent économiquement parlant, notamment sur la question de la protection sociale.Autrement dit, il semble hallucinant d’entendre aujourd’hui des Sarkozy ou autres UMP se réclamer du Gaulliste, et oser dire lors du référendum de 2005 que De Gaulle aurait dit OUI à la constitution. De fait, ne plus décider au sein de ses frontières, c’est ce que De Gaulle ne voulait pas, et c’est précisément ce que les différents traités modificatifs des institutions européennes ont amené, soutenus bizarrement par toute cette cohorte de pseudo-gaullistes.@Falconhill : Je suis tout à fait d’accord, de mon avis, De Gaulle avait trouvé les bonnes proportions de différents ingrédients : Souverainisme et indépendance, Etatisme mais toujours une place pour le liberalisme salutaire dans l’économie de marché.Donc au final, on peut peut-être réussir à en extraire une philosophie et même pourquoi pas un réel système. Un système qui aura duré seulement de l’arrivée à la sortie de ce grand homme.PS : Je lis dans l’article que vous ne voterez pas pour un souverainiste .. Pourquoi pas ? Si ses idées sont bonnes ?


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