L’ère de l’interdépendance
Publié : 12 février 2010 Filed under: Non classé 6 Commentaires »J'ai déjà eu l'occasion d'expliquer en quoi je considère que la crise économique actuelle doit avant tout être considérée comme une crise de l'information — et plus précisément de l'information financière.
Dans le même ordre de pensée, mais de façon plus globale et brillante, Scheiro a mis la main sur cette extraordinaire citation de l'inventeur américain Daniel Hillis :
Nous avons incarné notre rationalité dans nos machines et leur avons délégué nombre de nos choix et de ce fait nous avons créé un monde au-delà de notre propre compréhension. Ce siècle commence avec une note d’incertitude. Nous nous apprêtons à vivre une crise financière causée par la mauvaise conception informatique des risques de notre système bancaire, nous débattons du changement climatique autour de ce que les ordinateurs prédisent des données. Nous avons lié nos destinées, pas seulement entre nous tout autour du monde, mais à nos technologies. Si le thème des Lumières était l’indépendance, notre propre thème est l’interdépendance. Nous sommes maintenant tous reliés, les humains et les machines. Bienvenue à l’aube de l’intrication.
Ce passage montre parfaitement le lien entre les différentes lames de fond qui contribuent à la transformation du monde tel que nous le connaissons — ce que Tom Friedman appelle 'l'aplanissement du monde".
Dans un monde aux interconnexions aussi nombreuses et complexes, il n'est pas de question plus importante que celle de la sauvegarde, en contrepoids, des libertés individuelles.
on est entré dans l’ère de la singularité ?
L’ère de la singularité… Intéressant. Que voulez-vous dire par là ?
http://fr.wikipedia.org/wiki/Singularit%C3%A9_technologique
Merci pour le lien. Mais j’attendais une explication plutôt qu’une définition !
Certains considèrent que l’évolution continue de la puissance des ordinateurs surtout s’ils sont mis en réseau et surtout si les ordinateurs eux mêmes seront conçus par d’autres ordinateurs aboutira en fin de parcours à ôter à l’homme son pouvoir de décision, l’homme en fait ne comprendra plus le monde nouveau qui se fait indépendamment de lui, c’est ce moment qu’on appelle le moment de la singularité , terme initialement forgé par les physiciens pour signifier notre ignorance du moment qui a précédé tout juste le Big Bang.Daniel Hillis lui même parait être l’un des tenants de ce scénario; Il a déclaré que les ordinateurs du futur seront fiers de nous ! ( pour les tenants de cette théorie les ordinateurs seront doués de conscience )
Intéressant. Coïncidence, je suis en train de relire “Do Androids Dream of Electric Sheep?”.Ceci dit, la citation de Hillis ci-dessus se situe un cran en-dessous du concept de singularité : Hillis parle “d’intrication” entre les hommes et les machines.Mais on pourrait soutenir que cette intrication existe depuis la nuit des temps : c’est la nature du progrès technique que de se rendre indispensable.