Google bientôt forcé de révéler l’identité d’un blogueur anonyme
Publié : 19 août 2009 Filed under: Non classé 3 Commentaires »Le Sydney Morning Herald nous apprend aujourd’hui que Google va devoir révéler à la justice l’identité d’un blogueur jusqu’ici anonyme, dans le cadre d’une plainte déposée pour diffamation devant le tribunal de première instance de Manhattan.
Le mannequin canadien Liskula Cohen avait en effet demandé à la cour de forcer Google, via son service Blogger, à lui livrer l’identité du tenancier d’un blog nommé “Skanks in NYC” (grosso modo, “les chiennes de New York”). Sur ce blog anonyme, le mannequin faisait l’objet d’une description pour le moins offensive, que vous retrouverez dans l’article placé en lien ci-dessus. Désirant poursuivre l’auteur pour diffamation, Liskula Cohen devait donc obtenir son identité auprès de Google avant de parvenir à ses fins. La cour a fait droit à sa demande, et Google devra donc livrer l’identité de l’auteur des propos litigieux afin que celui-ci puisse faire lui-même l’objet de poursuites.
Deux observations :
- Cette décision confirme, qu’on s’en félicite ou non, que l’anonymat parfait en ligne est une chimère. Pseudonyme ou pas, nous sommes tous, sur Internet comme partout ailleurs, responsables des conséquences de nos actions et de nos écrits. L’écrasante majorité des services de blogging requièrent au nouvel utilisateur d’indiquer son identité, et cette affaire confirme qu’aux États-Unis, un juge peut les forcer à révéler cette identité. Juridiquement, donc, l’anonymat absolu n’existe pas, et c’est probablement tant mieux.
- Ce qui existe en revanche, en ligne comme partout ailleurs, ce sont des degrés d’anonymat. L’auteur du blog “Skanks in NYC” bénéficiait d’un certain degré d’anonymat, jusqu’à ce qu’il finisse par s’attirer les foudres d’une de ses “victimes” : ses lecteurs ne connaissaient pas son identité, mais son hébergeur oui. Il en irait exactement de même de l’auteur d’un livre publié sous pseudonyme. En l’espèce, le web ne change donc strictement rien aux pratiques historiques en matières d’édition et de publication.
L’affaire qui nous intéresse concerne les États-Unis, mais le résultat final aurait probablement été le même dans à peu près n’importe quel pays développé (à ma connaissance, du moins). Et certainement en France d’ailleurs, où la loi dispose que les services tels que Blogger “détiennent et conservent les données de nature à permettre l’identification de quiconque a contribué à la création du contenu ou de l’un des contenus des services dont elles sont prestataires.”
La déclaration des droits fondamentaux numériques d’Hervé Morin prévoit un “droit à l’anonymat numérique gratuit reconnu à toute personne, sous réserve de ne pas porter atteinte à l’ordre public et aux droits et libertés d’autrui.” Lors de la table ronde sur les droits numériques organisée par la Fondapol en juin dernier, j’avais essayé d’expliquer en quoi cette garantie était artificielle, contre l’avis d’un éminent confrère. La Cour suprême de Manhattan s’est probablement montrée plus persuasive que moi.
(via Mashable.)
AJOUTÉ LE 21/08/09 : J’ajoute ci-dessous la conversation relative à ce billet sur FriendFeed. N’hésitez pas à participer à la discussion par ce moyen ou en commentaires !
http://friendfeed.com/rubin/a169ada3/google-bientot-force-de-reveler-l-identite-d-un?embed=1
D’un point de vue entièrement personnel, je trouve cette mesure justifier.En effet, le fait de créer un (faux nom) qui nous représente sur internet ne devrai nous permettre de commettre des actions illégales sans se soucier d’une possible réprimande ou de l’opinion d’autrui.Car le web n’est autre qu’un moyen efficace et rapide et transmettre des idées et opinions à d’autres personnes, ainsi il faut sans cesse ce rappeler que respecter le choix des gens ainsi que leur vie est aussi important sur le net que dans la vrai vie.Il serrait intéressant de savoir si le jeu “second life” subit aussi certaines restrictions juridiques, il me semblerait logique qu’il y en aient, mais j’avoue n’en avoir aucune idée
Y a rien à faire, je ne peux pas m’en empêcher tout haut :”offensive” : qui sert à l’attaque, aggressive, belliqueuse”offensante” : blessante, injurieuse, insultanteAh ! les anglicismes des bilingues :-)
@Gautier : pas d’info sur Second Life, mais je regarderai. Merci pour l’idée !@Otir : et si c’était ce que je voulais dire ? ;-) Blague à part, c’est vrai que j’en ai quelques-unes comme ça, indécrottables !