Comment fonctionne le système de licence de l’Associated Press
Publié : 3 août 2009 Filed under: Non classé 2 Commentaires »Il y a quelques jours, l’Associated Press annonçait sa décision de sévir face aux utilisations jugées frauduleuses de ses contenus en ligne. Désormais, expliquait l’agence de presse, il deviendrait nécessaire d’obtenir (comprenez d’acheter) une “licence” pour reprendre tout ou partie d’une de ses dépêches.
Face à l’indignation de nombreux blogueurs et journalistes, la direction de l’agence avait mis de l’eau dans son vin, assurant qu’il s’agissait principalement d’empêcher que soient repris des fils entiers de dépêches sans l’autorisation de leurs auteurs.
De nombreux observateurs se sont montrés sceptiques face à cette tentative de “damage control”. Ils avaient apparemment raison. James Grimmelmann vient de publier sur son blog les résultats de la petite expérience à laquelle il s’est livré avec ce nouveau système de licence en ligne. Son article en dit long tant sur la façon dont l’AP envisage le droit d’auteur que sur le niveau de compétence qui a présidé à l’élaboration du système.
Un “système” qui se résume aux captures d’écran suivantes :
D’abord, vous collez l’extrait que vous comptez citer dans la zone de texte.
Ensuite, vous choisissez le type d’utilisation que vous comptez en faire : commerciale, éducative ou non-commerciale.
L’application vous annonce alors le prix à payer pour utiliser l’extrait — en l’occurrence, 12 dollars pour un usage éducatif. Mais regardez bien la phrase qu’a collée Grimmelmann dans le logiciel. Ce texte est-il issu d’une dépêche de l’agence ?
Absolument pas ! Cette phrase sort d’une lettre de Thomas Jefferson à Isaac McPherson, datant du 13 août 1813. Elle fait donc partie du domaine public depuis plus d’un siècle. L’AP ne s’embarrasse pas de ces menues considérations. Une fois le paiement encaissé, l’agence édite donc une licence en bonne et due forme pour un texte sur lequel elle n’a absolument aucun droit :
Comme vous pouvez le constater, le site va jusqu’à indiquer que le texte cité est extrait de la dépêche sur laquelle se trouvait le navigateur de l’utilisateur. On croit rêver !
Au fait, la phrase en question signifie, en français : “Si la nature a voulu une chose moins susceptible que toute autre de propriété exclusive, c’est bien l’action du pouvoir de la pensée que l’on appelle une idée.”
Clairement, il serait temps que l’AP médite là-dessus, à plus d’un titre.



Excellent : pourquoi s’ennuyer quand cela fonctionne ?
Comme tu dis, LOL