Psychologie du troll
Publié : 11 juillet 2009 Filed under: Non classé Laisser un commentaire »Après m’être fait insulter par un commentateur un peu hargneux (mais apparemment sincèrement blessé), j’ai dit sur Twitter :
Ni une ni deux, l’excellente Myriam a comblé et même dépassé mes attentes en sortant de derrière les fagots un texte extraordinaire :
Trolls: Simple Vandals or a Unique Social Movement?
A Psycho-Sociological Discourse on Internet Trolls (lien)
Malgré son âge avancé (dix ans, soit à peu près l’équivalent de cinq siècles sur Internet), ce papier rédigé par une dénommée Amy Dhala, apparemment d’un master en sociologie, couvre tous les aspects du phénomène.
Après une honorable tentative de définition, l’auteur propose une typologie des trolls : le classique, avec une personnalité cyclothymique et une intelligence au-dessus de la moyenne mais un goût un peu trop prononcé pour la polémique ; l’obsessif, qui n’apparaît que quand son thème de prédilection est abordé, pour satisfaire un besoin de création refoulé ; l’abstrait (de loin mon préféré), un narcissique dont les commentaires sans fin dérivent inévitablement vers l’absurde ; et enfin le malveillant, qui spamme et insulte pour assouvir une personnalité histrionique et, dans de nombreux cas (si, si), des problèmes érectiles et énurétiques.
Vient ensuite une étude sur les causes prépubères, adolescentes et adultes du phénomène. Sur les premières, l’auteur va jusqu’à conjecturer que les trois premiers types de trolls étaient un peu trop attirés par le sexe opposé pendant l’enfance, alors que le dernier (les malveillants) probablement pas assez. Après l’adolescence, malveillants mis à part, 97% des trolls déclarent avoir déjà pris de la marijuana, 74% du LSD, 23% des amphétamines, 22% des champignons hallucinogènes, et 18% de la cocaïne. Ma conclusion personnelle : le troll de base est un fieffé mythomane. Enfin, le troll s’emmerde sec au boulot. Pas étonnant.
Pour plus de détails, je vous invite chaleureusement à lire le papier en entier — ne serait-ce que pour les interviews de sujets-test à la fin. Ca vaut le détour !