Travail le dimanche : ad nauseam
Publié : 7 juillet 2009 Filed under: Non classé Laisser un commentaire »Je suis pour l’autorisation du travail le dimanche. Depuis le début. Mais là, ça commence à devenir ridicule. La branche armée de l’ENA, canal historique, nous avait sorti, en mai dernier, un texte à vous dresser les cheveux sur la tête :
Notez au passage la puissance du raisonnement : pour qu’une agglomération mérite le droit au travail dominical, elle doit, au préalable, connaître un usage de consommation le dimanche. C’est d’une logique… renversante. Dans le même esprit : vous ne serez autorisés à créer votre entreprise que si votre chiffre d’affaires des trois années précédentes le justifie.
Ensuite, le texte lui-même est parfaitement illisible : dérogations à la règle, exceptions à la dérogation, exceptions à l’exception, autorisation préfectorale, décret en Conseil d’État, avis du conseil municipal (!), des chambres de commerce et d’industrie, consultation syndicale, accord collectif, référendum d’entreprise, même : tout y passe. Toutes les complexités inutiles, toutes les procédures ubuesques, tous les aréopages corporatistes que connaît l’économie administrée à la française sont mobilisés dans les deux petites pages sur lesquelles tient l’article unique de la proposition. Sur le fond, c’est un modèle de délire technocratique ; sur la forme, un véritable attentat légistique.
Il me semble que c’est le même texte qui revient sur le bureau des députés, ces jours-ci. Ou peut-être qu’on l’a encore un peu “affiné”, à en lire Jean-Michel Aphatie. Très sincèrement, je n’ai pas la force de vérifier. Si on voulait vraiment permettre aux commerces d’ouvrir le dimanche, alors il fallait faire passer la réforme au forceps. La négociation, le compromis, etc., tout ça c’est très bien, mais si c’est pour aboutir à des propositions de lois pareilles, je préfère encore qu’on en reste là.
Parce que si le jeu politique est, dans notre pays, bloqué au point de ne même pas pouvoir accoucher d’une réformette permettant de nous aligner sur 90% des autres pays développés, alors ce n’est pas seulement les hommes qui sont en cause, mais le système tout entier.
Et puis c’est pas comme si Nicolas Sarkozy ne savait pas lâcher le morceau : il l’a très bien fait pour les taxis ! Essayez d’attraper un taxi le dimanche à Paris…