Élections européennes : quelques enseignements en vrac

Passée la légitime surprise des résultats, difficile de tirer beaucoup d’enseignements nouveaux des élections européennes d’hier soir. Résumons brièvement :

  • L’UMP demeure le seul vrai parti politique durablement en état de marche en France. On le savait déjà, puisque c’est une des principales raisons pour lesquelles Nicolas Sarkozy a réussi à se faire élire en 2007, à l’issue d’un quinquennat chiraquien catastrophique d’immobilisme… et au cours duquel il a pratiquement toujours participé au gouvernement.

  • À chaque fois que Daniel Cohn-Bendit nous rend visite, il fait un carton. Normal, son activité et son charisme sont exactement ce qui manque, à chaque fois, à sa famille politique en France (qu’il s’agisse des Verts ou plus généralement de la gauche). Mais après, on ne le revoit plus… jusqu’à la prochaine élection européenne. Et pendant ce temps, les Verts français sont incapables de capitaliser sur son succès.

  • Le PS n’est pas en déconfiture — il est en état de mort clinique depuis le 21 avril 2002, sans chef, sans idées, sans stratégie. La seule ambition de ses cadres semble être de s’en désolidariser, et celle des barrons (et avec eux des militants) réside dans les élections locales et régionales. C’est devenu un parti féodal.

  • Les dissidences autour du PS n’ont aucune autre utilité que de lui mettre des bâtons dans les roues : le score du Front de gauche le montre bien, à l’instar de la brillante carrière de Jean-Pierre Chevènement depuis sa candidature de 2002.

  • François Bayrou n’a aucune chance d’être élu un jour président de la république s’il continue à faire le vide autour de lui. Pour garder espoir, il lui faudra soit construire un grand parti, avec des lieutenants de poids et un programme original, soit se résoudre à passer des alliances. Et éviter les querelles de personnes.

  • Le FN ne s’est apparemment pas relevé de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy. C’était prévisible, vu l’âge du capitaine.

  • Ce n’est pas parce que les gens vous aiment bien, ou que vous “passez bien” à la télévision, que les électeurs votent nécessairement pour vous. Olivier Besancenot en a fait, hier soir, l’amère expérience. Il ne sera pas député européen.

  • Il n’y a pas (encore ?) d’espace pour un parti politique d’inspiration purement libérale en France. Alternative libérale n’atteint pas la barre des 20 000 voix, et ce sont les élus Modem qui iront grossir les rangs du groupe ALDE au parlement européen. Piquant.


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