Sacrée Christine !
Publié : 6 juin 2009 Filed under: Non classé Laisser un commentaire »Jean-François Copé publie aujourd’hui un article sur Slate, sur le thème : L’art et la manière de réformer en France. L’élément central de ce papier, me semble-t-il, réside dans l’énumération des “écueils à éviter” si l’on veut réussir de bonnes réformes dans notre beau pays :
- la confiscation du débat public par des acteurs minoritaires ou par des représentants autoproclamés de telle ou telle catégorie de citoyens,
– la prime donnée «par principe» à quelqu’un qui se réclame de la «société civile» par rapport à la parole politique,
– l’enfermement dans les conflits d’intérêts particuliers, loin de l’intérêt général,
– la volonté de mettre les élus sous le contrôle d’instances sans aucune légitimité,
– la gadgétisation de la concertation,
– la paralysie de l’action publique ou la tiédeur des réformes à force de précaution,
– enfin et surtout, la démission du politique qui refuserait d’assumer sa responsabilité d’éclaireur et de décideur en se défaussant complètement sur «l’opinion».
Comme quoi c’est pas compliqué, finalement. Mais juste pour mettre tout le monde d’accord, voici la définition du mot écueil selon l’Internaute :
écueil, nom masculin
Sens 1 : Récif, rocher à fleur d’eau. Synonyme rocher
Sens 2 : Difficulté, obstacle [Figuré]
Je sais bien que c’est pas le Larousse, mais bon, cette définition en vaut une autre. Donc, en français, un écueil, c’est quelque chose à contourner. D’ailleurs, les esprits les plus aiguisés n’auront pas manqué de remarquer que c’est écrit dans l’article : “écueils à éviter”. OK ?
Je précise, parce que je me demande sincèrement si Christine Albanel n’aurait pas piqué, il y a quelques mois, un vieux brouillon de cet article sur le bureau du président du groupe UMP à l’Assemblée, histoire d’avancer un peu plus vite sur l’élaboration et le vote du projet HADOPI. Mais soit elle ne connaissait pas le sens du mot écueil, soit le brouillon devait être mal rédigé, parce qu’elle a compris la liste à l’envers.
Voilà au moins une chose sur laquelle le président Chirac avait raison : il y a un vrai problème d’alphabétisation dans ce pays…
En même temps, ce qui est étonnant, c’est que pour les deux derniers éléments de la liste — la tiédeur et la démission —, la ministre que le monde nous envie a compris comme il faut. Sacrée Christine !
Mais pour le coup, un peu de tiédeur et de démission n’auraient pas fait de mal…