François Hollande en Mel Gibson et les marchés financiers en Helen Hunt

Bon. Je sais bien que je m’étais plus ou moins engagé ici et ailleurs à recommencer à écrire (si on peut appeler ça écrire), et qu’un billet en à peine moins de trois mois, c’est un peu maigre. Que voulez-vous ? C’est comme ça.

J’ai essayé de me rattraper en vous offrant la comparaison la plus vaseuse de l’histoire de la blogosphère politico-économique française :

Qui parmi vous, chers lecteurs, se souvient du chef d’oeuvre cinématographique de l’an 2000 sobrement intitulé « Ce que veulent les femmes » ? Un certain nombre j’espère. Mais je vais tout de même vous en rappeler l’essentiel de la trame, histoire de mettre tout le monde up to speed. Dans « Ce que veulent les femmes », donc, un gros papa de la pub sûr de son fait, de ses idées et de son infinie capacité à les imposer au monde voit sa vie changer du tout au tout lorsque, désigné par une pimbêche de tout premier ordre pour concevoir une campagne de pub à destination de la gent féminine, il se retrouve du jour au lendemain capable d’entendre dans son propre cerveau les pensées qui naissent et qui meurent, c’est écrit sans sexisme, dans celui de chaque être de sexe féminin qui croise son chemin (vous avez vu : j’ai gardé mon goût si particulier pour les phrases à rallonge).

Je passe sur l’exceptionnelle performance dramatique offerte par Mel Gibson (acteur de talent injustement écarté de son art par les perfides sionistes d’Hollywood) et Helen Hunt (qui aurait pu devenir Meg Ryan à la place de Meg Rayan si elle avait eu la coupe de cheveux et la plastique discrètement avantageuse de Meg Rayan) : qui ne voit pas dans le rapide synopsis dressé au paragraphe précédent une allégorie presque prémonitoire de la situation à laquelle doit faire face le nouveau président de la république ?

La suite sur Margin Call. Voilà.


1000 mots, 6000 signes, de l’argent et du sexe

Vous êtes fasciné(e) par les liens sombres et mystérieux qui unissent la finance et le sexe ? Vous vous demandez tout bas, le soir sous votre couette, à la lueur de la bougie (attention à l’accident), à quoi ceux qui manipulent chaque jour votre épargne et la dette des générations futures passent leurs nuits ? Alors mon troisième billet sur Margin Call est pour vous. La preuve :

Ne vous fiez pas à l’image d’Épinal (ni à celle de Shia LaBeouf dans Wall Street 2) : le trader n’est pas un homme à femmes. Typiquement, c’est plutôt un matheux, surtout quand il est français. Son adolescence, il l’a plus souvent passée à garnir son dossier d’inscription en prépa qu’à faire courir ses mains moites le long du corps boutonneux et changeant d’une jeune fille en fleur de pustule. Cette expérience, il a dû en repousser… l’expérience (et merde) au mieux à son arrivée en école de commerce ou, plus souvent, d’ingénieur, à moins qu’il ne soit tombé sur l’une des trois classes préparatoires de France où une relation sexuelle s’est un jour nouée. Résultat : il entre dans la vie active avec un CCF (capital confiance foufoune) proche du néant. Il a 25 ans, un abonnement VIP à YouPorn, et tout à apprendre.

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la vie sexuelle des traders sans jamais oser le demander.


Remettre la machine en marche

Comme les plus observateurs d’entre vous l’auront assurément remarqué, je reprends (très graduellement) du service sur les internets. Vendredi dernier, j’ai signé ma deuxième chronique sur Margin Call, le site d’opinion financière que nous avons lancé voici un peu moins de deux semaines avec les stars de la finance sur Twitter (ne me demandez pas pourquoi ils m’ont demandé de les rejoindre, ça me dépasse à moi aussi).

Dans ce billet, j’essaie modestement d’alerter nos lecteurs — et, il faut bien le dire, LE MONDE (le concept abstrait désignant l’ensemble de la population mondiale, pas le quotidien) — sur le risque de plus en plus sérieux qu’à la crise économique se superpose une crise existentielle de la finance et des marchés. Si, si. Extrait :

Philosophie, le mot est lâché. Mais rassurez-vous : mes connaissances en la matière m’empêchant radicalement d’en explorer le moindre recoin en profondeur, nous nous contenterons d’en caresser  l’écume, ce qui vaudra mieux pour tout le monde (ne vous vexez pas, hein, mais bon, vous êtes en train de lire un blog avec une tête de chat aux yeux bleus dessus, ça révèle quelque chose sur vous aussi). La question donc, puisqu’il faut bien qu’il y en ait une, en philosophie, est la suivante : sommes-nous sur le point d’assister à une crise existentielle de la finance internationale ? En d’autres termes, il s’agit de savoir si, déjà dépouillés de visage et de nom par la vindicte socialogue (mon nouveau mot porte-manteau pour désigner le socialisme démagogue), nos amis manieurs de millions ne sont pas également en train de perdre ce carburant de l’âme, ce moteur de la volonté, ce pédalier de l’ambition (ne vous plaignez pas, j’ai failli écrire “pédalo” mais je me suis retenu, de peur de passer pour un mélenchoniste) qu’on appelle motivation ?

Si avec ça vous ne vous précipitez pas sur ce lien, je ne peux plus rien pour vous (sinon vous teaser un peu en annonçant que cette remise en route va bientôt entrer dans sa phase critique).


Écrire avec le pied

Je n’écris pas qu’avec la main,

Le pied veut sans cesse écrire aussi.

Solide, libre et brave, il veut en être,

Tantôt à travers champs, tantôt sur le papier.

— Nietzsche, “Écrire avec le pied”, prélude au Gai savoir.

Spéciale cace-déci à ceux qui écrivent avec les deux.


J’ai blogué

Non, ça n’est pas une blague. Et ça se passe ici.


50 sujets pour éviter de parler de la dette

Le problème avec la dette, c’est que non seulement on ne parle plus que de ça, mais qu’en plus personne n’y comprend rien. Tous ces chiffres, ces pourcentages, ces acronymes, ça fout franchement la trouille — et on sent bien que nous n’avons, nous, honnêtes citoyens, aucune emprise sur tout ce micmac.

Je vous propose donc de laisser nos gouvernants démêler ce sac de noeuds tous seuls, et de discuter pendant ce temps des vrais sujets : ceux sur lesquels on peut émettre une opinion raisonnable et pondérée avec une poignée de cacahouètes dans la main gauche et un verre de rosé dans la droite. Vous trouverez ci-dessous un échantillon gratuit de cinquante (oui, 50) de ces grandes questions de société.

Cette liste n’est en aucun cas exhaustive : n’hésitez pas à vous montrer créatifs et à m’en suggérer d’autres si le coeur vous en dit. (Les candidats à la présidentielle, eux, ne se gêneront pas.)

1. La circulation routière (si si, ça marche à tous les coups)
2. L’insécurité galopante (vieux pot, meilleure soupe)
3. L’immigration, non moins galopante (éviter les tabous)
4. Le communautarisme/le multiculturalisme/la binationalité/l’islam (facile)
5. La séparation de l’église et de l’État/la laïcité (un peu pareil mais plus consensuel)
6. La suppression des allocations familiales en cas d’absence scolaire (exemple anglais)
7. DSK (presque trop facile)
8. La réforme de la justice (trop longtemps repoussée)
9. La réforme du droit du travail (idem)
10. La réforme des institutions (prendre les problèmes à la racine)
11. La réforme de tout ce qu’on veut (faire preuve de créativité)
12. La productivité en entreprise (moteur de la croissance)
13. L’égalité hommes-femmes en entreprise (modernité, etc.)
14. Les minimas sociaux (France qui se lève tôt)
15. La lutte contre le terrorisme (vigilance)
16. Les révolutions arabes (échange de poncifs)
17. Les émeutes anglaises (Schadenfreude)
18. Les manifestations en Israël (idem + ultra-libéralisme)
19. La possibilité de déclaration d’un État palestinien (indignation)
20. La guerre en Libye (BHL, voir n. 4)
21. La guerre en Afghanistan (il est temps, etc.)
22. L’état catastrophique de l’armée (service militaire)
23. L’état catastrophique de l’école (avenir du pays)
24. L’état catastrophique du lycée (prévention contre sanction, etc.)
25. L’état catastrophique des universités (compétitivité, voir n. 12)
26. La formation tout au long de la vie (modernité, voir. n. 13)
27. Les dispositifs de lutte contre le chômage (yaka)
28. Les dispositifs de lutte contre l’exclusion (idem, main sur le coeur)
29. Les dispositifs de lutte contre l’illettrisme  (pièces jaunes)
30. Le fléau de l’obésité (américanisation, malbouffe, Maginot)
31. Le fléau de l’anorexie (idem)
32. La violence à la télévision (voir n. 24, mais de droite)
33. La violence dans les jeux vidéo (idem)
34. La violence sur Internet (voir n. 15)
35. La très nécessaire régulation d’Internet (idem + n. 16)
36. La très nécessaire régulation des prix du logement (voir n. 27)
37. La très nécessaire régulation de la finance (terrain glissant)
38. La très nécessaire régulation de tout ce qu’on veut (voir n. 11)
39. Le financement de la culture (millions)
40. Le financement de la presse (rotatives + n. 16)
41. Le financement des retraites (comique de répétition)
42. Le financement de tout ce qu’on veut (des sous !)
43. La légalisation des drogues douces (Amsterdam)
44. La lutte contre le traffic de drogue (reportage exclusif)
45. L’interdiction de fumer dans les lieux publics (voir n. 30)
46. Le prix des cigarettes (voir n. 19)
47. Le prix du lait (sensations pures)
48. Le prix du pétrole (experts plateau)
49. La difficile situation économique des agriculteurs (terroir)
50. La politique agricole commune (on peut raconter ce qu’on veut)

Voilà, je viens de sauver ce qu’il vous reste d’apéros à prendre cet été. Ne me remerciez pas.

 


Malthus, quand tu nous tiens

Ceci est un post publié au départ sur Google+, mais que je n’ai pas pu rendre public parce que la publication originale d’Erwann Gaucher ne l’autorisait pas. Je le recopie donc ici pour diffusion un peu plus large.

De mes années d’avocat, je garde le souvenir de discussions récurrentes entre confrères sur le thème : “De toute façon, y’a trop d’avocats en France, on ne peut pas en vivre convenablement”. Michèle Alliot-Marie, paix à sa carrière politique, avait même en son temps proposé d’instaurer un numerus clausus (qui existe déjà un peu) à l’entrée des centres de formation.

On se pose maintenant la même question pour les journalistes et, j’en suis à peu près certain, pour la plupart des professions “à statut” : il y a probablement trop de pharmaciens, trop d’agents immobiliers, trop de dentistes, et peut-être même trop de souffleurs de verre.

J’ai même entendu un taxi parisien me dire qu’il y avait trop de taxis à Paris, et que c’était pour ça qu’on n’en trouvait jamais. (Ne lui parlez pas de New York, ça pourrait l’affoler.)

Je ne saurais dire si tout cela est d’abord le signe d’une société en repli face à l’avenir, ou d’une méconnaissance crasse des principes économiques de base (ceux qui permettent, justement, de vivre en société sans s’entretuer).

Probablement un peu des deux.

Enfin, bref, lisez le billet d’Erwann, il est rafraîchissant.

 


Le SNJ contre Gilad Shalit

Le blogueur franco-israélien Jonathan-Simon Sellem affirme avoir mis la main sur un document émanant du Syndicat national des journalistes (le SNJ — oui, celui-là même) aux termes duquel le syndicat majoritaire de la presse française appelle RFI à ne plus considérer Gilad Shalit comme un otage du Hamas à Gaza, mais comme un prisonnier de guerre :

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On se souvient pourtant que les soutiens de Gilad Shalit en France avaient récemment réussi à convaincre RFI (ainsi que la plupart des grandes télés et radios du pays) d’inclure le soldat dans leurs décomptes quotidiens des otages français détenus à l’étranger. 

Quel argument le SNJ avance-t-il pour s’opposer non seulement à l’interprétation majoritaire du droit international, mais également à celle du Quai d’Orsay ? Qu’on en juge :

Si tous les prisonniers de guerre qui ne bénéficient pas des dispositions prévues par les conventions internationales étaient considérés comme des otages, ça ferait du monde…. (Vous avez dit Guantanamo ?). (…)

On se pince : il se trouve, précisément, que les détenus de Guantanamo sont protégés non seulement par la convention de Genève, mais également par l’habeas corpus et le due process américains. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est la Cour suprême des États-Unis. Gilad Shalit, lui, n’est protégé par rien du tout. Sa famille ne sait même pas s’il est encore en vie, et la Croix-Rouge n’a jamais pu l’approcher en plus de cinq ans de captivité. Enlevé après plusieurs mois de préparation puis sans cesse évoqué comme monnaie d’échange pour des négociations en trompe l’oeil, il est un otage au sens le plus strict du mot.

Comme l’écrit Jonathan, la reconnaissance par les médias de la qualité d’otage de Gilad Shalit n’aura pas tardé à faire “sortir le loup de sa tanière”. Seule la haine peut expliquer une telle réaction — épidermique, irrationnelle, pas même argumentée.

Si l’information devait se confirmer — Jonathan m’a affirmé détenir des documents irréfutables —, pourra-t-on encore parler d’antisionisme au sujet du SNJ ? ou bien la dernière étape aura-t-elle été franchie ?


À l’attention des candidats à la primaire socialiste

Après une lecture attentive de la dernière sortie d’Arnaud Montebourg dans Libé (qui est un peu à la pensée de gauche, il faut bien le reconnaître, ce que The Onion est à la presse d’information), je me dis que Hugues Serraf a probablement raison : la primaire du PS se transforme peu à peu en “championnat de France du socialisme”. Une idée terrifiante pour au moins deux raisons — trois pour quiconque a déjà soutenu une conversation avec Hugues. Mais restons-en à deux pour l’instant, c’est plus propre et ça m’attirera moins d’ennuis.

Première raison : le championnat de France du socialisme, on va pas se mentir, on commence à connaître. C’est en général une compétition qui se remporte au nombre de buts contre son camp.

D’ailleurs, Aubry et Montebourg viennent de donner le coup d’envoi, et on voit déjà les dégâts. La première réalise une superbe talonnade dans ses propres filets en proposant, alors que la moitié de l’occident se demande comment payer ses dettes souveraines, d’augmenter de 40% le budget de la culture en France. Le second, moins expérimenté mais plus fougueux, ne se démonte pas : en pleine révolution numérique, il imagine un “prix unique de la culture”, fourni avec l’impôt multiple intégré. La saison s’annonce riche en buts.

Déjà que notre bon vieux prix unique du livre nous prive à nous Français, peuple de lettres et de culture s’il en est, d’une offre décente en livres numériques, alors même que ce marché dépasse aux États-Unis celui du bouquin en vrai tronc d’arbre, Montebourg, auteur pourtant très prolifique, entend généraliser la paralysie économique à tous les bruits qui pensent, à toutes les photos qui valent mieux que mille mots, et à tous les films qui sont quand même pas mal en VF (et puis au moins on passe pas deux heures à lire en dessous). (Mes excuses à mes trois lecteurs et demi : je viens de compléter la phrase la plus longue de ma triste histoire littéraire.)

Passons sur la perspective de voir les FNAC et autres Virgin Megastores transformés en magasins généraux soviétiques (très rigolo à imaginer, ceci dit). Passons aussi, tant qu’on y est, sur la réaction d’Apple, Amazon et consorts quand ils apprendront que la France leur a réglé par le vide leur petit problème de concurrence échevelée. Le plus navrant, dans cette histoire, reste de se dire que Lady Gaga aura officiellement la même valeur chez nous (peuple de lettres, etc.) qu’André Rieu. Non, zut, mauvais exemple. Je voulais dire Tchaïkovski.

En plus, le raisonnement ne tient pas une seconde : s’il fallait soumettre à un prix unique tous les produits et services dont l’importance est primordiale dans une société éclairée (peuple de lettres, ter), pourquoi commencer par la culture ? Moi, je commencerais par l’impôt. Et oui : à gauche, on explique souvent que l’impôt est le prix à payer pour bénéficier des services publics d’un État généreux et protecteur. Pourquoi on paierait pas tous le même alors ?

Mais je sens bien (et vous aussi, j’en suis sûr) que je m’éloigne du sujet. Attaquons-nous — un peu plus sérieusement — à la seconde raison.

La seconde raison, donc, c’est que même si l’idée d’un championnat de France du socialisme est très séduisante — la preuve, même Villepin veut jouer —, on sait tous, au fond de nous, où mène cette folle aventure. Enfin, tous sauf peut-être celles et ceux chez qui l’admiration pour Montebourg dépasse un peu le simple cadre politique. (Je ne compte pas les mélenchonistes, pour qui je ne peux plus rien faire sauf des contrepèteries.)

Où ça, demandez-vous ? Eh bien où nous en sommes déjà : au bord du précipice.

Soyons honnêtes cinq minutes. Le mieux-disant culturel, le prix unique de ceci et les subventions à cela, on a déjà essayé ; résultat, nous sommes un des pays où on lit le moins dans le monde développé, notre presse papier est au bord de l’apoplexie, et notre industrie musicale veut nous faire acheter les disques d’artistes recrutés par télé-réalité en nous menaçant de couper notre connexion Internet.

Le même constat vaut pour à peu près tous les domaines dans lesquels cette formule de génie a été appliquée : salaire minimum élevé et contrats aidés contre chômage de masse ; cotisations sociales pharaoniques et crédits d’impôts en tous genres contre croissance proche du néant ; et même, taxis à taux princier et numerus clausus contre crises de nerfs à répétition tous les soirs à Paris. Je m’arrête ici, vous voyez à peu près où je veux en venir.

Alors j’entends déjà les plus cyniques, ceux qui passent les universités d’été à jouer à la belote au lieu d’écouter les discours des éléphants : le championnat de France du socialisme, c’est juste pour la campagne ; d’abord on promet, après on discute. Le problème, chers camarades, c’est qu’on n’enchaîne pas impunément les prophéties auto-réalisatrices : à un certain moment, il faudra passer à l’action, histoire de donner des gages. C’est comme ça, remarquez, que la France s’est retrouvée avec une semaine de 35 heures, et les États-Unis avec une protection sociale toute neuve à détricoter dans les trois ans sous peine de défaut souverain.

Comme il est temps de conclure et que je ne suis pas le genre de garçon à faire du mauvais esprit pendant douze paragraphes sans y mettre au moins une note positive, voici ce que je propose à Mesdames et Messieurs les candidats à la primaire socialiste :

Et si vous essayiez, au lieu de vous tirer la bourre à qui proposera la mesure la plus vintage, de simplement dire la vérité sur l’état du pays ? Et, puisqu’il faut bien faire des promesses, de promettre que vous essaierez de mieux nous en sortir que le camp d’en face ?

Je sais, c’est radical comme idée. Mais ça pourrait fonctionner au-delà de vos espérances.

P.S. : Je réalise que j’ai franchement explosé mon quota habituel de propositions entre parenthèses et/ou entre tirets. Je promets de me mieux me maîtriser à l’avenir.

 


Lettre ouverte à mon ami @Laurent_Joffrin

Évacuons ça tout de de suite : Laurent Joffrin n’est pas mon ami. Je ne l’ai jamais rencontré. Mais comme Myriam (qui, elle, est vraiment mon amie) préfère le vouvoyer, je me suis dit que ce serait sympa de prendre le contre-pied.

Donc, cher Laurent, je vais te tutoyer, et même faire semblant d’être ton pote. Ne t’inquiète pas, c’est uniquement pour les besoins de la cause. J’arrête tout de suite après.

Passons aux choses sérieuses, si tu veux bien. J’ai lu ton papier d’hier sur les “inspirateurs” de Breivik. Bon, on sent bien que tu l’as écrit sous le coup de l’émotion : le style est un peu trop mécanique pour être naturel (même pour toi). C’est généralement le signe d’une grande nervosité chez l’auteur.

Faut pas s’énerver comme ça, Laurent. Regarde ce que tu as fait : tu t’es débrouillé pour mettre dans le même sac l’auteur d’un massacre de presque 100 personnes et des guignols comme Fdesouche, le Bloc identitaire et Riposte laïque. C’est vraiment pas classe.

Tu te souviens à quel point ça t’énerve quand Rioufol accuse les “islamo-gauchistes” dans ton genre d’apporter leur pierre à l’édifice du terrorisme “nazislamiste” ? Et bien tu viens de faire exactement pareil. Ni plus, ni moins.

Ensuite, ton paragraphe sur le lien avec Internet, on n’y comprend rien. Enfin si, on comprend. On comprend que tu sais plus trop quoi en penser. D’un côté tu sens bien que c’est quand même révolutionnaire, Internet (si même Martine Aubry a fini par le dire, c’est que ça doit être vrai). Mais en même temps ça te fait peur : sur Facebook, Twitter, les blogs, pas de comité de rédaction, pas de directeur de la publication, juste des gens qui écrivent tout et n’importe quoi. Un peu comme si, du jour au lendemain, tous les dingues du courrier des lecteurs pouvaient faire concurrence à ton petit Nouvel obs à toi — et sans ta permission, en plus !

Toi, si tu te lâches un peu trop sur le président ou un ministre, tu reçois un coup de fil dans l’heure qui suit, et t’es obligé de t’excuser plus ou moins platement, en expliquant que non, tu n’étais pas dans l’attaque personnelle, simplement dans l’analyse journaliste, patin couffin. Les blogueurs, eux, ils écrivent tout ce qu’ils veulent, c’est retweeté dans tous les sens, et personne ne leur cherche de noises ! Au contraire, on dit même qu’ils font le “buzz” !

Je comprends que tu subisses ça comme une concurrence déloyale. Mais n’oublie pas : nous, les blogueurs, on fait ça pour s’amuser. Toi, c’est ton métier de donner ton avis. C’est un beau métier, je trouve. Et t’es pas près de le perdre : suffit juste que tu lâches un peu de lest sur tes angoisses numériques, et tout d’un coup tu vas découvrir tout un monde d’opportunités.

Bon, allez, je te laisse. C’est pas tout ça, mais il faut aussi que je m’occupe de Jacques. Avec lui, c’est encore plus difficile : il croit qu’il aime vraiment Internet.

Bisou.

P.S. : Que Fdesouche fasse autant d’audience que certains partis politiques, c’est plus révélateur sur les partis en question que sur ce repaire à trolls à la con.

 


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